Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France. En 2023, 61 214 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France métropolitaine, avec un âge médian de 64 ans au diagnostic. Les progrès du dépistage et des traitements ont considérablement amélioré le pronostic : la survie nette standardisée à 5 ans atteint aujourd’hui 88 %.
La rééducation du cancer du sein, associant notamment la kinésithérapie et l’activité physique adaptée (APA), joue un rôle important pour préserver ou restaurer la mobilité, la force et les capacités fonctionnelles. L’évaluation objective permet également de mieux identifier les déficits et de suivre la récupération tout au long du parcours de soins.
Dans cet article, nous verrons comment la kinésithérapie et l’activité physique peuvent accompagner les patientes atteintes d’un cancer du sein, quels paramètres fonctionnels peuvent être évalués et comment les données objectives peuvent contribuer à individualiser leur suivi.
CONTENTS
1- Cancer du sein : un parcours de soins pluridisciplinaire
2- Quel est le rôle de la kinésithérapie dans la rééducation du cancer du sein ?
3- Pourquoi intégrer l’activité physique après un cancer du sein ?
4- Maisons Sport-Santé et Réseau des Kinés du Sein : vers qui orienter les patientes ?
5- Rééducation du cancer du sein : comment évaluer objectivement les capacités physiques après un cancer du sein ?
6- FAQ : rééducation et activité physique après un cancer du sein

1- Cancer du sein : un parcours de soins pluridisciplinaire
La prise en charge du cancer du sein repose sur un parcours de soins personnalisé, déterminé notamment selon le stade de la maladie et ses caractéristiques biologiques. Après le diagnostic, les différentes options thérapeutiques sont discutées en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) afin d’adapter la stratégie à chaque patiente.
Du diagnostic aux traitements
Selon la situation clinique, le traitement peut associer plusieurs approches :
- chirurgie conservatrice ou mastectomie,
- radiothérapie,
- traitements systémiques, comme la chimiothérapie, les thérapies ciblées ou l’hormonothérapie.
La chirurgie peut également comprendre un geste axillaire, avec notamment la technique du ganglion sentinelle ou un curage ganglionnaire.
Ces traitements visent en priorité à traiter le cancer, mais ils peuvent également avoir des répercussions sur les capacités physiques et fonctionnelles de la patiente. C’est pourquoi leur prise en charge doit également intégrer les conséquences du traitement et les besoins qui peuvent apparaître au cours du parcours.

Les soins de support, partie intégrante du parcours
Les soins de support ne doivent pas être considérés comme de simples interventions complémentaires. Ils participent à une prise en charge globale, dès l’annonce de la maladie et tout au long des traitements.
La kinésithérapie et l’activité physique adaptée (APA) peuvent notamment contribuer à préserver ou restaurer la mobilité, la force et les capacités fonctionnelles, tout en accompagnant la patiente face aux conséquences physiques des traitements.
D’autres dimensions, notamment l’accompagnement psychologique et les soins corporels, participent également à cette approche pluridisciplinaire.
Dans ce parcours, le kinésithérapeute peut intervenir à différents moments, y compris avant la chirurgie, afin d’établir un premier bilan et de préparer la récupération fonctionnelle.
2- Quel est le rôle de la kinésithérapie dans la rééducation du cancer du sein ?
Dans la rééducation du cancer du sein, la kinésithérapie peut intervenir à différentes étapes du parcours de soins du cancer du sein. La prise en charge doit être précoce, progressive et individualisée, en fonction de l’intervention réalisée, des traitements associés, des symptômes et des capacités de chaque patiente.
L’objectif évolue ainsi au fil du parcours :
- établir un état de référence avant l’intervention lorsque cela est possible,
- favoriser la récupération après la chirurgie,
- restaurer progressivement la mobilité, la force et les capacités fonctionnelles.
Avant la chirurgie : établir un bilan de référence et préparer la récupération
Idéalement, une première consultation avec un kinésithérapeute formé en sénologie ou un kinésithérapeute du sein peut avoir lieu avant l’intervention chirurgicale.
Cette phase préopératoire permet tout d’abord d’établir un bilan de référence. Le kinésithérapeute peut notamment évaluer
- les amplitudes articulaires,
- la force,
- la force de préhension,
- la posture.
Ces données initiales constituent ensuite des points de comparaison utiles pour suivre la récupération après l’intervention.
Cette consultation permet également de familiariser la patiente avec les exercices de mobilité de l’épaule et le travail postural qui pourront être réalisés après la chirurgie. Elle contribue à prévenir les attitudes de protection et les compensations et permet de transmettre les premières recommandations concernant les gestes à privilégier ou à éviter pendant la récupération.
Après la chirurgie : favoriser une récupération précoce et progressive
Dans la période postopératoire immédiate, entre J+1 et J+15, la récupération débute progressivement. Sous réserve de l’avis du chirurgien, la mobilisation de l’épaule peut commencer dès le lendemain de l’intervention.
Le travail se concentre notamment sur :
- la respiration, la détente et la mobilisation de la cage thoracique ;
- la correction de la posture afin de limiter les attitudes de protection du sein ;
- la récupération progressive des amplitudes de l’épaule, notamment en élévation, abduction et rotation ;
- le massage et l’assouplissement des cicatrices dès que leur état le permet.
Une attention particulière doit également être portée à l’évolution des douleurs, aux sensations d’insensibilité ou de compression et à l’état de la cicatrice. Leur suivi permet d’adapter la rééducation et, si nécessaire, d’orienter rapidement la patiente vers une prise en charge spécialisée.
Après J+15 et pendant les traitements : retrouver force et capacités fonctionnelles
À mesure que la cicatrisation progresse, la rééducation du cancer du sein peut évoluer vers un travail plus actif. L’objectif est alors de récupérer progressivement la force et l’endurance, tout en poursuivant le travail de mobilité.
Selon les besoins de la patiente, la prise en charge peut également concerner la prévention et le traitement du lymphœdème, avec un drainage lymphatique manuel lorsqu’il est indiqué, ainsi que la prise en charge des TLS (Thromboses Lymphatiques Superficielles), appelées encore brides rétractiles ou d’une éventuelle capsulite.
Le suivi kinésithérapique peut se poursuivre pendant les autres traitements du cancer du sein.
Pendant la chimiothérapie, il contribue notamment à lutter contre la perte de masse et de force musculaires.
Lors de la radiothérapie, le maintien d’une amplitude suffisante en élévation du bras est particulièrement important pour permettre le positionnement nécessaire au traitement.
L’accompagnement peut également se poursuivre pendant l’hormonothérapie.
La rééducation du cancer du sein ne vise donc pas uniquement à récupérer la mobilité de l’épaule après la chirurgie. Elle s’inscrit dans une démarche plus globale de préservation et de récupération des capacités physiques, qui peut ensuite être complétée par une activité physique adaptée.
En cas de chirurgie de reconstruction mammaire, la kinésithérapie contribue également à restaurer un schéma corporel optimal et à retrouver une fonction complète et adaptée de l’ensemble des membres supérieurs. Cette prise en charge peut ensuite être complétée par une activité physique adaptée, afin de poursuivre progressivement la récupération des capacités physiques et fonctionnelles.
3- Pourquoi intégrer l’activité physique après un cancer du sein ?
L’activité physique adaptée (APA) occupe aujourd’hui une place importante dans les soins de support du cancer du sein. Elle peut être intégrée au parcours pendant et après les traitements, avec une pratique adaptée à l’état de santé, aux capacités physiques et aux éventuelles limitations de chaque patiente.
Au-delà de la reprise d’une activité quotidienne, l’objectif est de limiter le déconditionnement physique, préserver les capacités fonctionnelles et accompagner la récupération sur le long terme.

Quels sont les bénéfices de l’activité physique après un cancer du sein ?
Les données scientifiques disponibles montrent qu’une activité physique régulière après le diagnostic est associée à de nombreux bénéfices. Elle contribue notamment à :
- réduit le risque de récidive de 20 à 30 % (et jusqu’à ~25-50 % selon les méta-analyses récentes) ;
- diminue la mortalité globale et spécifique de 28 à 50 % ;
- réduire la fatigue liée au cancer (cancer-related fatigue) ;
- préserver la masse et la force musculaires ;
- maintenir ou améliorer les capacités cardiorespiratoires ;
- améliorer la qualité de vie ;
- favoriser le bien-être psychologique, l’humeur et le sommeil ;
- limiter les conséquences du déconditionnement physique lié à la maladie et aux traitements.
Une synthèse de revues systématiques publiée en 2025, regroupant 740 associations méta-analytiques, a notamment identifié des niveaux de preuve « strong » ou « highly suggestive » concernant plusieurs bénéfices de l’activité physique chez les personnes ayant été atteintes d’un cancer du sein : mortalité toutes causes, récidive, fatigue, dépression, force, capacité aérobie et santé mentale.
Quelle quantité d’activité physique recommander ?
Les recommandations reprises dans le référentiel HAS et les référentiels d’activité physique et sportive en cancérologie préconisent de tendre progressivement vers :
- au moins 150 minutes par semaine d’activité aérobie d’intensité modérée, ou 75 minutes d’activité d’intensité vigoureuse ;
- 2 à 3 séances de renforcement musculaire par semaine ;
- une réduction active du temps passé en situation de sédentarité ;
- lorsque cela est indiqué, un programme structuré et supervisé d’activité physique adaptée, ajusté aux capacités de la patiente.
Ces objectifs constituent des repères et non un programme identique pour toutes. Le niveau initial, les traitements en cours, la fatigue, les douleurs, les limitations articulaires ou encore les éventuelles complications doivent être pris en compte pour déterminer le type, l’intensité et la progression des exercices.
Une activité physique adaptée à chaque patiente
Après un cancer du sein, les capacités physiques peuvent être très différentes d’une patiente à l’autre. Une personne peut présenter principalement une limitation de mobilité de l’épaule, tandis qu’une autre peut être davantage affectée par une perte de force, une fatigue importante, un déconditionnement cardiorespiratoire ou des troubles de l’équilibre.

L’évaluation initiale permet donc d’identifier les priorités et de construire une progression individualisée. Selon le profil de la patiente, le programme peut associer :
- des exercices aérobies ;
- du renforcement des membres supérieurs et inférieurs ;
- des exercices de mobilité ;
- un travail de l’équilibre et du contrôle postural ;
- une reprise progressive des activités fonctionnelles et quotidiennes.
L’objectif est de faire évoluer progressivement l’activité physique en fonction des capacités de la patiente, mais aussi de rendre la pratique suffisamment accessible et durable pour qu’elle puisse être maintenue dans le temps.
4- Maisons Sport-Santé et Réseau des Kinés du Sein : vers qui orienter les patientes ?
L’accompagnement ne se limite pas aux périodes de traitement ou aux séances de rééducation. L’un des enjeux est également d’aider les patientes à retrouver progressivement une activité physique régulière et à bénéficier d’un suivi adapté à leurs besoins.
En France, deux dispositifs peuvent notamment contribuer à cette continuité : les Maisons Sport-Santé (MSS) et le Réseau des Kinés du Sein (RKS).
Les Maisons Sport-Santé pour accompagner la reprise d’activité physique
Les Maisons Sport-Santé constituent un réseau de structures dédiées à l’accompagnement vers une pratique physique adaptée et sécurisée. Elles favorisent la collaboration entre différents professionnels, notamment médecins du sport, enseignants en activité physique adaptée et kinésithérapeutes.
Pour une patiente traitée pour un cancer du sein, elles peuvent notamment permettre de :
- réaliser un bilan de condition physique ;
- identifier les capacités et les éventuelles limitations ;
- intégrer un programme d’activité physique adaptée ;
- reprendre progressivement une activité dans un environnement encadré ;
- être accompagnée vers une pratique plus autonome et durable.
Elles constituent ainsi un relais intéressant entre le parcours de soins et la reprise d’une activité physique régulière, notamment pour les patientes qui ont besoin d’un encadrement spécifique.
Le Réseau des Kinés du Sein pour une prise en charge spécialisée
Le Réseau des Kinés du Sein (RKS) regroupe des kinésithérapeutes spécifiquement formés à la prise en charge des personnes opérées d’un cancer du sein.
Le réseau permet notamment d’orienter les patientes vers des professionnels formés pour accompagner différentes problématiques liées au parcours de soins :
- récupération de la mobilité ;
- prise en charge des douleurs ;
- suivi et travail des cicatrices ;
- prise en charge du lymphœdème ;
- travail de la posture ;
- reprise progressive du renforcement musculaire ;
- suivi d’une chirurgie de reconstruction ;
- orientation vers une activité physique adaptée lorsque cela est pertinent.
Le RKS met également à disposition des ressources et des exercices destinés à accompagner la rééducation avant et après la chirurgie ainsi que pendant les traitements.
Une évolution de la prise en charge de l’activité physique adaptée en 2026
En France, l’accès à l’APA dans le parcours de soins en cancérologie évolue également.
L’arrêté du 13 mai 2026, publié au Journal officiel le 23 mai 2026, encadre une expérimentation de prise en charge de séances d’activité physique adaptée pour les personnes traitées pour un cancer. Cette expérimentation est déployée pendant deux ans dans trois régions pilotes :
- Bretagne ;
- Nouvelle-Aquitaine ;
- Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Modalités principales :
- Prescription par les médecins du parcours de soins global (article R. 1415-1-11 du code de la santé publique) d’un ensemble de séances d’APA collectives + un bilan final ;
- Limite de 12 séances collectives par patient pour une période de trois mois, renouvelable une fois (soit jusqu’à 24 séances) ;
- Tarifs : 7,50 € par séance d’APA, 45 € pour le bilan final, 15 € pour la coordination et le traitement administratif par la structure ;
- Plafond global versé par l’ARS à la structure : 150 € par patient (300 € en cas de renouvellement) ;
- Professionnels habilités : personnes qualifiées mentionnées aux 1° et 2° de l’article D.1172-2 du code de la santé publique (enseignants APA, etc.).
Cette évolution illustre la place croissante accordée à l’activité physique dans le parcours de soins en oncologie et à la nécessité de proposer un accompagnement structuré, progressif et adapté aux capacités de chaque personne.
Qu’elle soit réalisée en cabinet, dans une Maison Sport-Santé ou dans une autre structure spécialisée, cette individualisation nécessite toutefois de savoir quelles capacités évaluer et comment objectiver leur évolution.
5- Rééducation du cancer du sein : comment évaluer objectivement les capacités physiques après un cancer du sein ?
L’évaluation objective permet de quantifier les déficits, d’établir des valeurs de référence et de suivre la récupération au cours de la rééducation du cancer du sein. Plusieurs paramètres peuvent être particulièrement pertinents après un cancer du sein.
Force de préhension
La force de préhension (handgrip strength) est un marqueur simple de la force globale et peut contribuer à l’évaluation de la fatigue et de la sarcopénie.
Plusieurs seuils de faible force sont rapportés chez les femmes :
- EWGSOP2 (groupe européen de travail sur la sarcopénie chez les personnes âgées, version 2) et FNIH (fondation des Instituts nationaux de la santé américains) : force inférieure à 16 kg = seuil de faible force musculaire ;
- AWGS 2019 (groupe asiatique de travail sur la sarcopénie, critères 2019) : force inférieure à 18kg pour les femmes (souvent repris aussi en oncologie) ;
- SDOC (consortium international sur les définitions et les résultats de la sarcopénie) : force inférieure à 20 kg ;
- Dans des cohortes de cancer, des seuils autour de 16-20 kg chez les femmes sont associés à une mortalité accrue ; une diminution de 5 kg de HGS augmente le risque de décès d’environ 20 %.
Après un programme de renforcement de 3 mois, on observe typiquement un gain moyen de +3,5 kg et une réduction de l’asymétrie droite/gauche.
Les dynamomètres connectés comme le K-Grip de Kinvent ont démontré une validité et une fiabilité excellentes chez les survivantes de cancer du sein (corrélations r > 0,89 avec le gold standard).

Équilibre et stabilité : évaluer au-delà du membre supérieur
Après un cancer du sein, des altérations de l’équilibre, de la marche et du contrôle postural peuvent être observées. Elles peuvent notamment être liées à la fatigue, aux neuropathies induites par certains traitements, à une perte de force des membres inférieurs ou à des modifications posturales.
Plusieurs tests simples permettent de les évaluer :
- Appui bipodal et unipodal ;
- Timed Up and Go ;
- Sit to Stand (test de lever de chaise) ;
- vitesse de marche ;
- Mini-BESTest.
Ces déficits peuvent augmenter le risque de chute et réduire l’autonomie. Les programmes d’APA associant des exercices d’équilibre et le renforcement des membres inférieurs peuvent contribuer à améliorer les performances statiques et dynamiques.
Les plateformes de force Kinvent peuvent compléter ces tests en apportant des données objectives sur l’équilibre et la répartition des appuis.
Force et condition physique globale : considérer l’ensemble du corps
L’évaluation ne doit pas se limiter au grip ou à l’épaule. La force et les capacités fonctionnelles des membres supérieurs et inférieurs sont également importantes à suivre.
Selon les besoins, l’évaluation peut inclure :
- des tests de force isométrique de l’épaule ;
- des tâches de poussée ou de tirage ;
- des levers de chaise ;
- des tests de force ou de puissance des membres inférieurs ;
- des tests fonctionnels de marche.
Les programmes combinant le renforcement des membres supérieurs et inférieurs peuvent améliorer la force, la puissance et les capacités de marche, tout en favorisant la reprise des activités de la vie quotidienne.
Ces tests, simples à réaliser en cabinet ou en Maison Sport-Santé, permettent d’objectiver des déficits souvent invisibles aux examens médicaux classiques, de quantifier les progrès sous APA et de renforcer l’adhésion de la patiente en lui rendant visibles ses capacités corporelles globales.

Selon le protocole utilisé, le dynamomètre manuel K-Push, le dynamomètre de traction K-Pull, le goniomètre K-Move ou les plateformes de force Kinvent permettent de quantifier ces capacités et de suivre leur évolution dans le temps.
Ces mesures donnent ainsi au professionnel des repères objectifs pour individualiser la prise en charge, mesurer les progrès et ajuster progressivement l’activité physique.
6- FAQ : rééducation du cancer du sein
Quand commencer la rééducation après une chirurgie du cancer du sein ?
La rééducation du cancer du sein peut débuter précocement après l’intervention. Sous réserve de l’avis du chirurgien, la mobilisation de l’épaule peut commencer dès le lendemain de la chirurgie, avec des exercices progressifs de respiration, de posture et de mobilité. Le programme évolue ensuite en fonction de la cicatrisation et des capacités de la patiente.
Pourquoi faire de la kinésithérapie après un cancer du sein ?
La kinésithérapie vise notamment à récupérer la mobilité de l’épaule, restaurer progressivement la force et les capacités fonctionnelles et prendre en charge certaines complications, comme le lymphœdème, les TLS ou une capsulite. Elle est tout aussi déterminante lors d’une chirurgie de reconstruction.
Peut-on pratiquer une activité physique pendant et après un cancer du sein ?
Oui, une activité physique adaptée peut être intégrée pendant et après les traitements, selon l’état de santé et les capacités de chaque patiente. Elle contribue notamment à réduire la fatigue, préserver la force musculaire et les capacités cardiorespiratoires et améliorer la qualité de vie.
Quelle activité physique après un cancer du sein ?
Le programme peut associer :
- des exercices aérobies ;
- du renforcement musculaire ;
- des exercices de mobilité ;
- un travail de l’équilibre et du contrôle postural.
Le type d’exercice, son intensité et sa progression doivent être individualisés en fonction des traitements, des symptômes et des capacités physiques.
Comment évaluer la récupération après un cancer du sein ?
Plusieurs paramètres peuvent être suivis au cours de la rééducation du cancer du sein :
- la mobilité de l’épaule ;
- la force de préhension ;
- la force des membres supérieurs et inférieurs ;
- l’équilibre et la stabilité ;
- les capacités fonctionnelles.
La répétition des mêmes mesures au fil du parcours permet d’objectiver les progrès et d’adapter la prise en charge.
7- Références
- Arrêté du 13 mai 2026 relatif à la prise en charge des séances d’activité physique adaptée visant à accompagner les personnes traitées pour un cancer. JORF n° 0120 du 23 mai 2026, texte n° 24. NOR : SFHS2612172A.
- Décret n° 2026-281 du 14 avril 2026 relatif à la mise en œuvre de l’expérimentation d’un programme de séances d’activité physique adaptée visant à accompagner les personnes traitées pour un cancer.
- Institut national du cancer (INCa). Épidémiologie des cancers du sein. Mis à jour en juillet 2026.
- Haute Autorité de santé. Prescription d’activité physique – Cancers (sein, colorectal, prostate). Synthèse, 2022.
- Umbrella review of 740 meta-analytic associations on physical activity in cancer survivors. Critical Reviews in Oncology/Hematology, 2025.
- Lahart IM et al. Physical activity post-diagnosis and survival outcomes in breast cancer: a dose–response meta-analysis. Breast Cancer Res Treat. 2023.
- The Effects of Post-diagnosis Recreational Aerobic Exercise among Breast Cancer Survivors: A Systematic Review/Meta-Analysis. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2025.
- Grip strength as a surrogate measure… in breast cancer survivors. Sci Rep. 2025;15:15782.
- Handgrip strength assessment in breast cancer patients: validity and reliability of the Activ5 dynamometer. Support Care Cancer. 2025.
- EWGSOP2, FNIH et SDOC : cut-offs de force de préhension (femmes <16 kg / <18 kg / <20 kg).
- Evaluation of the Validity and Proposal of Cut-off Point for the Y Balance Test in Identifying Sarcopenia in Elderly Women (cut-off 87,3). 2024.
- Réseau des Kinés du Sein. Livret RKS 2023 – Mon kiné m’accompagne dans ma rééducation à la maison.
- SENORIF. Référentiel diagnostique et thérapeutique SEIN 2025-2026.
- Loi n° 2025-106 du 5 février 2025 visant à améliorer la prise en charge des soins et dispositifs spécifiques au traitement du cancer du sein par l’assurance maladie.
- Supports RKS, livrets de rééducation post-chirurgie, référentiels APA AFSOS/HAS et documents de dépistage HAS/INCa (17 fichiers sources du projet).
- Institut du Cancer de Montpellier (ICM). APA – Activité Physique Adaptée. Institut du Cancer de Montpellier – Activité Physique Adaptée
- Institut du Sein. L’activité physique et sportive. Institut du Sein – L’activité physique et sportive
- Ligue contre le cancer. Cancer du sein. Ligue contre le cancer – Cancer du sein
- Assurance Maladie. Dépistage organisé du cancer du sein. Ameli – Dépistage organisé du cancer du sein
- Institut national du cancer. Prévenir et dépister tôt le cancer du sein. Institut national du cancer – Prévenir et dépister tôt
- Institut de Kinésithérapie Paris. Pourquoi faire de la rééducation après un cancer du sein ? Institut de Kinésithérapie Paris – Rééducation après un cancer du sein
- Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. La kinésithérapie, un soin essentiel pour les malades atteints de cancer. Ordre des masseurs-kinésithérapeutes – Kinésithérapie et cancer
