Le Broad Jump, aussi appelé saut en longueur debout, est souvent perçu comme un simple test de distance. Pourtant, en rééducation et en réathlétisation, il peut apporter bien plus qu’un résultat exprimé en centimètres.
En un seul mouvement, ce test sollicite la production de force horizontale, la coordination entre les segments, le contrôle du tronc, la stratégie de propulsion et la qualité de la réception. Il permet ainsi d’évaluer des qualités essentielles pour de nombreux profils : sportifs en retour au jeu, patients en fin de rééducation du membre inférieur, ou athlètes cherchant à améliorer leur accélération et leur explosivité.
Simple à mettre en place, peu coûteux et rapide à administrer, le Broad Jump constitue donc un outil particulièrement intéressant pour les kinésithérapeutes, les sport scientists, les préparateurs physiques et les coachs. Utilisé seul, il offre déjà une première lecture de la puissance horizontale. Mais lorsqu’il est enrichi par des outils connectés comme les plateformes de force ou les capteurs de vitesse, il devient un véritable support d’aide à la décision pour suivre la progression, détecter des asymétries et guider le retour au sport.
Dans cet article, nous verrons pourquoi le Broad Jump est pertinent en rééducation, ce qu’il permet réellement d’évaluer, comment l’intégrer dans une progression de réathlétisation, et comment aller au-delà de la simple distance grâce à une analyse instrumentée.
CONTENTS
1- Qu’est-ce que le Broad Jump ?
2- Comment réaliser un Broad Jump : étape par étape
3- Que permet d’évaluer le Broad Jump ?
4- Quels muscles et quelles qualités physiques influencent la performance au Broad Jump ?
5- Comment intégrer le Broad Jump dans un protocole de retour au sport ?
6- Quels critères suivre pour faire progresser le Broad Jump ?
7- FAQ : Broad Jump, rééducation et retour au sport
8- Références
1- Qu’est-ce que le Broad Jump ?
Le Broad Jump est un test de saut horizontal maximal réalisé depuis une position statique. L’objectif est simple : projeter le corps le plus loin possible vers l’avant à partir d’un départ bilatéral, puis stabiliser la réception.

À première vue, le Broad Jump peut sembler n’être qu’un test de distance. En réalité, il permet déjà d’explorer plusieurs dimensions importantes du mouvement, notamment la capacité à produire de la force rapidement, à l’orienter dans le plan horizontal et à contrôler la réception.
En rééducation et en réathlétisation, ce test est particulièrement intéressant car il mobilise plusieurs composantes à la fois :
- la puissance horizontale des membres inférieurs ;
- la coordination entre hanches, genoux, chevilles, tronc et membres supérieurs ;
- la capacité à propulser le centre de masse vers l’avant ;
- le contrôle de l’atterrissage et l’absorption des contraintes.
Le Broad Jump s’inscrit donc à la fois comme test fonctionnel, outil d’évaluation de la puissance et exercice de progression dans les phases avancées de rééducation.
2- Comment réaliser un Broad Jump : étape par étape
Le Broad Jump présente l’avantage d’être simple à mettre en place, à condition de standardiser un minimum le protocole. Une exécution cohérente est essentielle pour comparer les performances dans le temps et interpréter correctement les résultats.
Étapes clés du test
Le protocole classique peut être résumé ainsi :
- Position de départ
Le patient ou l’athlète se place debout derrière une ligne, généralement avec les pieds écartés à la largeur des épaules.
- Préparation du mouvement
Une flexion des hanches et des genoux est réalisée pour préparer l’impulsion. Selon la variante choisie, le patient ou l’athlète peut utiliser un balancement libre des bras ou garder les mains sur les hanches afin de limiter la contribution des membres supérieurs.
- Phase d’impulsion
Le patient ou l’athlète produit ensuite une poussée explosive vers l’avant afin de parcourir la plus grande distance possible. Cette phase mobilise la chaîne cinétique dans son ensemble et conditionne en grande partie la performance.
- Réception
L’atterrissage se fait sur les deux pieds, avec un objectif de stabilisation et de contrôle. La réception ne doit pas être négligée, car elle renseigne déjà sur la capacité à absorber les contraintes et à maintenir l’équilibre.
- Mesure de la performance
Dans sa version la plus simple, la performance est évaluée à partir de la distance parcourue entre le point de départ et le point d’atterrissage.
Quelques points de vigilance
En pratique, la méthode de mesure doit être cohérente. La façon la plus classique consiste à mesurer la distance entre la ligne de départ et le talon le plus proche à l’atterrissage.
Cependant, certains travaux ont montré que cette méthode peut introduire un biais lié à la longueur du pied. Pour améliorer la validité des comparaisons, il peut être pertinent d’utiliser des repères homogènes, comme une mesure orteil à orteil ou talon à talon, notamment lorsque l’on confronte les résultats à des systèmes de capture de mouvement ou à des plateformes de force.
Pour rendre le test plus fiable, il est important de standardiser :
- la position de départ ;
- l’utilisation ou non des bras ;
- le nombre d’essais ;
- les consignes données au patient ou à l’athlète ;
- la méthode de mesure utilisée.
3- Que permet d’évaluer le Broad Jump ?
Le Broad Jump est souvent réduit à une simple mesure de distance. Pourtant, en rééducation et en réathlétisation, son intérêt est bien plus large. Lorsqu’il est bien interprété, il permet d’évaluer à la fois la puissance horizontale, la qualité du contrôle moteur et l’évolution fonctionnelle d’un patient ou d’un athlète au fil de la prise en charge.
Évaluer la puissance horizontale et la capacité de propulsion
Le Broad Jump est avant tout un test de projection horizontale du corps. Contrairement à des sauts verticaux comme le Squat Jump ou le Countermovement Jump, il met davantage l’accent sur la capacité à produire une force orientée vers l’avant.
Cette spécificité en fait un test particulièrement intéressant pour évaluer des qualités liées à :
- l’accélération ;
- le sprint ;
- les efforts explosifs vers l’avant ;
- la capacité à produire rapidement de la force dans le plan sagittal.
En pratique, un Broad Jump permet d’avoir un aperçu de plusieurs éléments clés :
- la capacité à générer de la force rapidement ;
- l’orientation de cette force dans le plan horizontal ;
- la contribution de la chaîne postérieure à la propulsion ;
- la coordination entre hanches, genoux, chevilles, tronc et bras ;
- la capacité à transformer une impulsion en déplacement efficace du centre de masse.
C’est ce qui explique l’intérêt du Broad Jump dans les contextes de réathlétisation : il rapproche l’évaluation de qualités directement transférables aux exigences du terrain, au-delà d’un simple travail de force analytique.
Détecter des asymétries et des déficits de contrôle
Le Broad Jump peut également aider à mettre en évidence des déséquilibres inter-membres, des compensations ou des déficits de contrôle qui ne sont pas toujours visibles sur des tests plus isolés.
Même en version bilatérale, l’observation du mouvement peut déjà révéler :
- une stratégie d’évitement ;
- une difficulté à produire une poussée symétrique ;
- un défaut de coordination ;
- une réception instable ;
- un manque de contrôle excentrique.
Ces informations deviennent encore plus intéressantes lorsque le test est décliné en single-leg broad jump. En imposant une impulsion et une réception sur un seul membre, cette variante augmente les exigences en matière de :
- force unilatérale ;
- stabilité de hanche, de genou et de cheville ;
- contrôle du tronc ;
- capacité à produire puis absorber la force sans compensation.
Cette approche est particulièrement utile chez les patients revenant d’une blessure du membre inférieur, notamment après :
- une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) ;
- une entorse de cheville ;
- une pathologie de l’appareil extenseur ;
- ou plus largement dans les phases avancées de retour au sport.
Le Broad Jump ne remplace évidemment pas une évaluation complète, mais il apporte une lecture plus fonctionnelle de la manière dont le patient réutilise sa force dans une tâche dynamique.
Suivre la progression au fil de la rééducation et du retour au sport
L’un des grands avantages du Broad Jump est qu’il peut être répété facilement au cours de la prise en charge. Rapide à administrer, peu coûteux et simple à reproduire, il constitue un outil intéressant pour suivre l’évolution des capacités fonctionnelles entre la fin de rééducation et la reprise sportive.
Dans le temps, il peut permettre d’observer :
- une augmentation de la distance de saut ;
- une amélioration de la qualité de propulsion ;
- une meilleure stabilité à la réception ;
- une diminution d’une asymétrie ;
- la progression vers des variantes plus exigeantes, comme le single-leg broad jump ou les sauts multiples.
Comme pour tout test fonctionnel, la valeur absolue ne doit cependant pas être interprétée seule. L’âge, le sexe, le niveau d’entraînement, le sport pratiqué, l’historique de blessures ou encore la technique influencent fortement la performance.
En pratique, le Broad Jump prend surtout de la valeur lorsqu’il est utilisé pour suivre :
- l’évolution d’un même patient dans le temps ;
- la qualité du mouvement ;
- la symétrie entre les membres ;
- la cohérence avec les autres tests du bilan ;
- la capacité du patient à tolérer progressivement des contraintes plus proches du terrain.
Le Broad Jump devient alors un repère simple et pertinent pour objectiver la progression d’un patient tout au long du continuum rééducation – réathlétisation – retour au sport.
4- Quels muscles et quelles qualités physiques influencent la performance au Broad Jump ?
Le Broad Jump est un mouvement global qui ne dépend pas d’un seul groupe musculaire. Sa performance repose sur la capacité à produire de la force, à la transmettre efficacement le long de la chaîne cinétique et à contrôler la réception. En pratique, il s’agit donc autant d’un test de puissance que de coordination.
Quels groupes musculaires jouent un rôle clé dans le Broad Jump ?
Le Broad Jump sollicite principalement les muscles impliqués dans l’extension de la hanche, l’extension du genou, la poussée de la cheville et la stabilisation du tronc. Parmi les principaux contributeurs, on retrouve :
- le grand fessier et les ischio-jambiers, qui participent fortement à la propulsion en assurant l’extension de hanche ;
- les quadriceps, qui contribuent à l’extension du genou et au contrôle de la réception ;
- le triceps sural, gastrocnémiens et soléaire, impliqué dans la poussée finale et la transmission des forces vers le sol ;
- les muscles du tronc, sangle abdominale, obliques, muscles paravertébraux, qui assurent la rigidité nécessaire au transfert efficace des forces ;
- les membres supérieurs, dont le balancement peut contribuer à l’élan, à la coordination et à l’équilibre global.
En pratique, la performance au Broad Jump dépend donc de la capacité à mobiliser l’ensemble de cette chaîne de manière coordonnée. C’est aussi ce qui explique son intérêt pour la rééducation : une faiblesse ou une inhibition d’un segment, par exemple au niveau du grand fessier ou du quadriceps après une blessure du membre inférieur, peut rapidement se répercuter sur la qualité de la propulsion ou de la réception.
Pourquoi la coordination et la technique influencent autant la performance ?
La distance réalisée au Broad Jump ne dépend pas uniquement de la force musculaire. Deux personnes ayant un niveau de force similaire peuvent obtenir des performances très différentes selon leur capacité à organiser le mouvement.
Pour être efficace, le Broad Jump demande de coordonner plusieurs éléments en un temps très court :
- une préparation du mouvement suffisamment dynamique ;
- un bon timing entre hanches, genoux et chevilles ;
- une orientation efficace de la poussée vers l’avant ;
- un transfert de force cohérent entre le bas du corps, le tronc et les bras ;
- une réception stable, capable d’absorber les contraintes sans perte de contrôle.
C’est pour cette raison que le Broad Jump ne doit pas être lu uniquement comme un test de puissance brute. Il renseigne aussi sur la façon dont cette puissance est utilisée dans un geste global. Une performance limitée peut être liée à plusieurs facteurs :
- un déficit de force ou de puissance ;
- un manque de coordination inter-segmentaire ;
- une stratégie de propulsion peu efficace ;
- une appréhension dans la phase de saut ou de réception ;
- un défaut de contrôle excentrique à l’atterrissage.
En contexte clinique, cette lecture est particulièrement utile. Elle permet de ne pas réduire une contre-performance à un simple manque de force, et d’orienter plus finement la prise en charge vers le déficit dominant : travail de propulsion, renforcement ciblé, contrôle de la réception, stabilité du tronc ou réintégration progressive des tâches explosives.
5- Comment intégrer le Broad Jump dans un protocole de retour au sport ?
Le Broad Jump n’est pas seulement un test ponctuel. En rééducation et en réathlétisation, il peut aussi devenir un outil de progression, à condition d’être utilisé au bon moment, sous la bonne forme et avec des critères d’évolution cohérents. Son intérêt est justement de pouvoir évoluer avec le patient : d’abord comme tâche bilatérale relativement contrôlée, puis comme exercice plus exigeant intégrant davantage de force unilatérale, de stabilité, de coordination et de contrôle à la réception.
Le Broad Jump peut être décliné de plusieurs façons selon le niveau du patient, les objectifs de la séance et le stade de réathlétisation. L’idée n’est pas de proposer d’emblée la version la plus exigeante, mais de choisir une variante adaptée à la capacité actuelle du patient.
Le Broad Jump bilatéral : une première étape intéressante
La version bilatérale constitue souvent le point de départ. Elle permet de réintroduire une tâche de propulsion horizontale avec des exigences déjà importantes, tout en restant plus accessible qu’un saut unilatéral.
Elle peut être utilisée pour :
- réhabituer le patient à produire une poussée explosive vers l’avant ;
- observer la qualité de la propulsion et de la réception ;
- réintroduire des contraintes horizontales dans un cadre relativement contrôlé ;
- commencer à exposer le patient à des tâches plus proches des exigences du terrain.
Le single-leg broad jump : une progression vers des contraintes plus spécifiques
Le single-leg broad jump augmente nettement les exigences. En imposant une impulsion et une réception sur un seul membre, il permet de se rapprocher davantage des contraintes rencontrées dans la course, l’accélération, les changements d’appui ou certaines actions de saut et de relance.
Cette variante est particulièrement utile pour :
- explorer les asymétries inter-membres ;
- évaluer la force unilatérale ;
- tester la stabilité de hanche, genou et cheville ;
- observer la capacité à produire et absorber la force sans compensation.
Elle a donc toute sa place dans les phases avancées de rééducation, à condition que le patient présente déjà un bon niveau de contrôle sur les tâches bilatérales.
Les variantes réactives et les sauts multiples : vers une logique plus terrain
Une fois les bases maîtrisées, le Broad Jump peut être enrichi avec des formes plus dynamiques :
- triple broad jump ;
- triple hop test ;
- broad jump précédé d’un pas ou d’une petite chute ;
- enchaînements de sauts avec contrainte de stabilisation.

Ces variantes permettent d’ajouter :
- une dimension de réactivité ;
- une sollicitation plus importante du contrôle excentrique ;
- une exposition plus réaliste aux contraintes de réaccélération et d’enchaînement d’appuis ;
- une lecture plus fine de la stratégie motrice sur plusieurs contacts.
Le choix de la variante dépend donc du niveau du patient, de son sport, de son historique de blessures et du moment du protocole où l’on se situe.
6- Quels critères suivre pour faire progresser le Broad Jump ?
Intégrer le Broad Jump dans un protocole ne consiste pas seulement à faire “sauter plus loin” le patient. Pour que le test ou l’exercice ait un réel intérêt clinique, il faut aussi définir ce que l’on cherche à observer, à quel moment faire progresser la tâche et comment objectiver cette progression.
Les premiers critères restent cliniques
Avant de complexifier le Broad Jump, il faut s’assurer que le patient est capable de :
- produire une impulsion sans douleur significative ;
- contrôler la réception sans perte d’équilibre majeure ;
- tolérer la charge de la tâche sans réaction excessive après la séance ;
- conserver une technique cohérente malgré l’augmentation des contraintes ;
- montrer une progression compatible avec le stade de réathlétisation.
À ce stade, l’observation clinique garde une place centrale. La qualité de la propulsion, la symétrie apparente, la stabilité à l’atterrissage ou encore la confiance dans le mouvement restent des repères essentiels pour guider la progression.
Pourquoi la distance seule ne suffit pas toujours
La distance de saut reste un indicateur utile, mais elle ne raconte pas toute l’histoire. Deux patients peuvent obtenir un Broad Jump similaire tout en présentant des stratégies très différentes : l’un peut produire une impulsion efficace avec un bon contrôle global, tandis que l’autre compense davantage avec le haut du corps, présente une poussée asymétrique ou une réception instable.
Autrement dit, progresser sur la distance ne signifie pas toujours progresser sur les qualités qui comptent réellement pour le retour au sport. C’est là que l’objectivation devient particulièrement intéressante.
Comment objectiver le Broad Jump avec les outils Kinvent
Lorsqu’il est analysé avec des plateformes de force comme les 3D Deltas, le Broad Jump ne se limite plus à une simple mesure de distance. Il devient possible d’explorer plus finement la phase propulsive, et donc de mieux comprendre comment le patient produit sa performance.

Parmi les métriques intéressantes à suivre, on retrouve notamment :
- l’impulsion horizontale ;
- le taux de développement de la force (RFD) horizontal ;
- le pic de force horizontale ;
- la vitesse de sortie (takeoff velocity) ;
- la répartition des efforts entre les membres lorsqu’une analyse plus fine est possible.
Ces données peuvent être particulièrement utiles pour objectiver des déficits de poussée, des asymétries persistantes ou une progression encore incomplète malgré une distance de saut en amélioration.
L’association de la capture vidéo synchronisée à l’analyse sur des plateformes 3D affine encore l’interprétation. Elle permet de visualiser les alignements articulaires, les positions du tronc et des membres inférieurs, ainsi que l’organisation du mouvement aux instants clés de production ou d’absorption de force.
Aller plus loin avec les sauts multiples et K-Power
L’analyse peut être enrichie avec des sauts multiples, comme le triple broad jump ou le triple hop test, notamment grâce à K-Power. Dans ce cas, il devient possible de suivre des indicateurs complémentaires comme :
- le temps de contact entre les bonds ;
- la longueur de chaque saut ;
- la répartition de la performance sur les différents appuis ;
- la capacité à maintenir la propulsion, la coordination et la stabilité sur plusieurs contacts successifs.

Ces données apportent une lecture plus fine de la stratégie motrice. Deux patients peuvent obtenir une distance totale proche, mais avec des profils très différents : l’un peut produire une première impulsion très efficace puis perdre rapidement en contrôle ou en explosivité, tandis qu’un autre conserve une répartition plus homogène sur l’ensemble de la séquence.
7- FAQ : Broad Jump, rééducation et retour au sport
Qu’est-ce que le Broad Jump ?
Le Broad Jump, aussi appelé saut en longueur debout ou standing long jump, est un test de saut horizontal maximal réalisé à partir d’une position statique. Il est utilisé pour évaluer la capacité à produire de la force vers l’avant, la coordination et le contrôle de la réception.
Pourquoi utiliser le Broad Jump en rééducation ?
Le Broad Jump est intéressant en rééducation car il permet d’évaluer, dans une tâche fonctionnelle, plusieurs dimensions à la fois :
- la puissance horizontale ;
- la qualité de la propulsion ;
- la coordination entre les segments ;
- le contrôle de la réception ;
- et, selon la variante, les asymétries intermembres.
Il peut ainsi compléter des tests plus analytiques dans les phases avancées de rééducation et de réathlétisation.
Dans quels cas cliniques le Broad Jump peut-il être utile ?
Le Broad Jump peut être particulièrement pertinent :
- après une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) ;
- après une entorse de cheville ;
- après une atteinte de l’appareil extenseur ;
- plus largement dans les phases de retour au sport après une blessure du membre inférieur.
Il permet alors d’explorer la capacité du patient à réintégrer des contraintes plus proches du sprint, de l’accélération ou des changements d’appui.
Quelle est la différence entre le broad jump bilatéral et le single-leg broad jump ?
Le Broad Jump bilatéral est réalisé avec une impulsion et une réception sur les deux jambes. Il constitue souvent une première étape en rééducation.
Le single-leg broad jump, lui, est réalisé sur un seul membre. Il augmente les exigences en matière de force unilatérale, de stabilité et de contrôle, ce qui le rend particulièrement intéressant pour explorer les asymétries dans les phases avancées de retour au sport.
La distance de saut suffit-elle pour interpréter un Broad Jump ?
Non. La distance est un indicateur utile, mais elle ne suffit pas à elle seule. Deux patients peuvent obtenir une distance similaire avec des stratégies très différentes. Pour interpréter un Broad Jump, il faut aussi prendre en compte :
- la qualité de la propulsion ;
- la stabilité à la réception ;
- la présence ou non de compensations ;
- la symétrie entre les membres si des variantes unilatérales sont utilisées ;
- l’évolution du patient dans le temps.
Que peut apporter une plateforme de force à l’analyse du Broad Jump ?
Une plateforme de force permet d’aller au-delà de la simple distance en objectivant plus finement la phase propulsive et, selon les tests associés, la réception. Elle peut notamment aider à analyser :
- l’impulsion horizontale ;
- le taux de développement de la force (RFD) ;
- le pic de force ;
- la vitesse de sortie ;
- certaines asymétries ou stratégies de poussée.
Ces données peuvent être utiles pour affiner la lecture clinique et guider plus précisément la progression en réathlétisation.
8- Références
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